Discours de l'Ambassadeur
Allocution de l’Ambassadeur Roger A. Meece
Cérémonie de Remise des Prix de Conservation de la Nature
de la Fondation Abraham
Ministère des Affaires Etrangères
Salle de Conférence internationale
Dimanche, 18 février 2007
Monsieur le Représentant du Ministre de l’Environnement,
Messieurs les Ambassadeurs,
Monsieur le Représentant Spécial Adjoint du Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies en RDC,
Monsieur l'Administrateur Délégué Général de l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN),
Chers Invités, Mesdames et Messieurs,
Ce soir, j’ai l’honneur de partager cette estrade avec de si distingués orateurs. Nous sommes rassemblés pour rendre hommage à des héros relativement inconnus, mais qui seront désormais connus, grâce à la Fondation Alexander Abraham. L’évocation de leur histoire ce soir nous aidera à mieux comprendre la place que l’homme occupe dans la nature.
L’histoire de la pensée montre que la photographie de la Terre – que nous avons tous vue – prise en 1968 par des astronautes en orbite lunaire, a contribué à la naissance du Mouvement Ecologique moderne. Ce mouvement prit rapidement de l’ampleur aux Etats-Unis, en France et dans bien d’autres pays. Cette photo et ce mouvement ont amené un large public à envisager l’être humain comme étant le protecteur et le garant de cette petite planète bleue où nous vivons tous.
Le mouvement écologique de la fin des années 60 fut, bien entendu, précédé par des actes clairvoyants de protection de l’environnement. Un siècle plus tôt, en 1872, le Congrès des Etats-Unis créa Yellowstone, le premier parc national du monde, situé dans la partie ouest des Etats-Unis. Virunga, le premier parc national d’Afrique, fut créé en 1925. Les parcs nationaux de Garamba et d’Upemba suivirent peu après.
Malheureusement, ces réserves naturelles et celles créées au Congo après l’indépendance ont terriblement souffert pendant les longues années de conflit. Il est fort regrettable que l’insécurité humaine menace encore l’existence des hippopotames, des éléphants, des okapis, des gorilles et des autres espèces rares de faune et de flore de la RDC.
Nos héros entrent en scène à cette période. Au beau milieu du conflit congolais, l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), le personnel des parcs nationaux et les partenaires internationaux rassemblèrent les ressources nécessaires pour protéger les cinq sites du Patrimoine Mondial répertoriés en RDC de la double menace que constituaient les milices et les réfugiés. (Note : les cinq sites précités sont Virunga, Garamba, Kahuzi-Biega, Salonga et la Réserve d’Okapis)
Les lauréats que nous honorons ce soir ont protégé l’environnement au péril de leurs vies, non seulement dans ces sites du Patrimoine Mondial, mais aussi dans d’autres réserves naturelles. Il s’agit non seulement des officiels ayant la charge de ces parcs, mais aussi de simples citoyens. Certains d’entre eux furent tués pour leur dévouement. Nous leur rendons hommage à titre posthume.
Je ne saurais mieux souligner l’importance de leur dévouement à la conservation de la nature si je ne parlais de la contribution du gouvernement américain. Depuis le Sommet Mondial sur le Développement Durable tenu à Johannesburg en 2002, et en appui au Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo, les Etats-Unis ont créé le Programme Régional Environnemental pour l’Afrique Centrale (CARPE en sigle). L’objectif de CARPE est de réduire le taux de dégradation forestière et la déplétion de la biodiversité, en soutenant la conservation de la nature et la gestion durable des ressources naturelles dans les régions tropicales des neufs pays d’Afrique Centrale. Nous sommes persuadés que la conservation des ressources allège la pauvreté et renforce les capacités de développement. Le programme CARPE durera encore plusieurs années, au prix de dizaines de millions de dollars. L’investissement en actes consenti par les lauréats dans la cause relative à la conservation de la nature inspire le nôtre.
En pensant à cette cérémonie, avant d’y venir ce soir, il me vint à l’esprit que la plupart des tableaux, que j’ai choisis, et qui ornent les murs de ma résidence, sont des paysages américains : neuf œuvres composées par des artistes contemporains américains très différents qui dépeignent des marais, des forêts, des collines et des déserts, de l’Etat de l’Ohio à l’Etat du Nouveau Mexique. L’un des tableaux représente un pré tout simple. Il est intitulé « Land That I Love », « Le Pays… La Terre… que J’Aime.»
Nous percevons de différentes manières la place de l’homme dans la nature. Les lauréats que nous honorons ce soir nous ont enseigné, à travers leur abnégation, une leçon simple : l’amour qu’on éprouve pour la Terre est une vertu qu’il nous faut défendre, si nous voulons la sauver.
J’exprime mes remerciements à la Fondation Abraham pour avoir organisé cette cérémonie, à ceux qui ont parcouru de longues distances pour être ici ce soir, et à vous tous qui êtes ici présents. Avant tout, je remercie et félicite ceux qui ont travaillé si dur pour l’avancement des intérêts ayant trait à la conservation de la nature au Congo et au-delà, et qui méritent amplement la reconnaissance qui leur est accordée ce soir.
Je vous remercie.