Discours de l'Ambassadeur
Allocution de l’Ambassadeur Roger A. Meece
Cérémonie de remise de diplômes aux officiers des
Forces Armées de la RDC, Centre Supérieur Militaire
Kinshasa, le 18 juillet 2006, 14h
Distingués invités,
C’est pour moi un privilège que de me retrouver parmi vous en ce jour de la troisième remise de diplômes. Je suis heureux d’avoir l’occasion de m’adresser à un aussi grand nombre d’officiers de l’armée congolaise. Nous avons encore en mémoire la cérémonie de la première promotion du mois d’avril, lorsque la Secrétaire d’Etat adjointe aux Affaires Africaines, Madame Jendayi Frazer, avait assisté à la remise des diplômes à plus de 70 officiers des forces armées de la R.D.C.
Aujourd’hui, vous êtes plus de 80, pour un total de 240 officiers ayant achevé cette formation au Centre Supérieur Militaire parrainée par le gouvernement des Etats-Unis. Par ce nombre toujours élevé, je constate un intérêt soutenu pour cette formation. Je suis conscient aussi d’un certain élan qui vous porte vers la fin si attendue de la Transition, et qui vous porte vers de plus lourdes responsabilités dans une démocratie émergente.
Maintenant, vous êtes plus prêts à assumer un rôle de dirigeant dans les nouvelles brigades intégrées de l’armée congolaise et vous saurez mieux planifier comment exécuter avec succès des opérations de combat et de stabilité régionale, ainsi que des opérations destinées à rassurer la population civile.
Dans l’intérêt de la sécurité et de la stabilité nationales, la République Démocratique du Congo a besoin d’une armée et d’une police congolaises unifiées et professionnelles. Votre nouveau gouvernement aura le devoir de protéger ses citoyens, ses ressources et ses frontières. En complément de bonnes politiques, les dirigeants élus auront besoin de l’appui de forces de sécurité sur lesquelles ils peuvent compter.
Dans une démocratie émergente, les forces armées doivent avant tout allégeance à la Constitution nationale et aux idéaux qu’elle incarne. Un simple soldat est tenu de défendre les institutions qui sont garantes de la liberté de son pays.
Dans une démocratie émergente, l’armée doit aussi jouer un rôle pour parvenir au niveau de stabilité qui permet le développement économique.
Dans une démocratie émergente, dans lequel l’Etat de Droit règne, l’armée doit assurer la sécurité de tous les Congolais et assurer que les droits de l’homme sont respectés. Tel est le défi que vous avez à relever, en tant qu’officiers et dirigeants de la nouvelle armée congolaise.
Un nouveau jour commence pour le Congo. Après quatre décennies d’attente, la population congolaise élira bientôt ses dirigeants.
C’est un gouvernement à l’écoute des citoyens et choisi par eux, qui est le mieux à même de répondre aux besoins et de concrétiser les souhaits de son peuple. La démocratie permet d’exprimer des opinions dissidentes et protège les minorités. Des élections régulières permettent également d’exprimer de façon pacifique des vues contraires et de recenser fidèlement les priorités nationales.
Pour ces premières élections nationales démocratiques depuis plus de 40 ans, la Commission électorale indépendante a accompli une organisation remarquable. Les Congolais peuvent être fiers de la Commission, qui réalise un travail herculéen.
Mais même lorsqu’elles sont bien menées, les élections seules ne font pas de miracles. Elles annoncent plutôt le début d’une période de travail extrêmement difficile quand, enfin, un gouvernement légitimé par la majorité des votes sera confronté aux énormes problèmes qui traînent depuis longtemps au Congo. Comme cela l’a toujours été, la sécurité occupera une place de premier plan parmi ces défis. Il y aura toutefois une différence : Un gouvernement élu – un gouvernement issu du peuple, par le peuple et pour le peuple – est mieux à même de maintenir sa confiance et son soutien. Je me réjouis du jour où le peuple congolais aura pleine confiance en son armée.
Le peuple congolais mérite un gouvernement responsable et une armée professionnelle, qui assurent la tranquillité intérieure et des relations normales avec les pays voisins. Il y a tout lieu de penser que ces progrès vont se concrétiser, et toutes les personnes ici présentes font partie de cette solution. Vous avez travaillé dur. Vos familles en sont fières. L’heure est maintenant venue de faire la fierté et mériter la confiance de votre pays. Je vous félicite et je vous souhaite plein succès dans la noble et lourde tâche qui vous attend.
Je vous remercie.